Quelques exemples de symbôles :
L'ange
L’imaginaire ne connaît pas d’ange désœuvré. Les ailes blanches du personnage angélique le conduisent vers des missions variées dont il assume souvent plusieurs simultanément.
L’ange, dans le rêve éveillé, représente parfois le thérapeute dans sa fonction d’accompagnateur asexué, protecteur, de l’aventure onirique dans les rêves nocturnes comme dans le rêve éveillé, ce messager (angelos) peut adopter l’un ou plusieurs des rôles suivants :
- Il peut annoncer le ciel pour encourager le rêveur à suivre la voie d’un approfondissement spirituel.
- Il peut magnifier le souvenir d’un être disparu.
- Il peut être porteur du message d’amour. L’accomplissement dans l’amour requiert souvent le rétablissement préalable d’une relation positive à l’image maternelle.
- Il invite parfois celle ou celui qui souffrent d’un insupportable malaise psychique à quitter la terre pour rejoindre un ciel de paix.
- Il peut aussi suggérer une rupture salutaire avec les avidités terrestres, avec les encombrantes possessions de l’avoir.
Dictionnaire de la symbolique, G. ROMEY, tome II, p. 20
La sorcière
Dans les rêves, la sorcière joue un double rôle. Sous la lumière intense des projecteurs, elle se révèle d’abord comme l’expression d’une relation négative à l’image maternelle. Elle répète inlassablement le rôle créé par la marâtre de Blanche Neige, dans lequel le rappel de la période tourmentée du passage à l’âge adulte pèse fortement dans ces séances où gesticule la vieille magicienne. Il y a trop d’interventions explicites de la mère du rêveur ou de la rêveuse, trop de renvois à la période d’adolescence, trop d’indices sexuels aussi pour que l’interprétation primaire du symbole puisse être éludée. Celui-là porte les oripeaux de la mère castratrice. On retiendra donc avant tout cette connotation de la sorcière.
Considérer alors la traduction achevée serait pourtant témoigner d’une regrettable négligence. Par-delà l’éclairage trop cru projeté sur ce devant de la scène, un regard averti distingue la sorcière assurant une autre fonction, tout aussi éminente. De son autorité puissante, elle agit pour unir l’univers des forces de la terre et celui des énergies du ciel. Cette union du terrestre et du divin, symbole de la réhabilitation instinctuelle et de l’accomplissement spirituel, est la voie sur laquelle la sorcière imaginée invite et prépare tout rêveur à s’engager.
Dictionnaire de la symbolique, G. ROMEY, tome II, p.185.
Le serpent
Qu’il apparaisse fugitivement dans le rêve ou qu’il s’y impose avec insistance, le serpent manifeste toujours des énergies psychiques puissantes, insoumises aux codifications du mental. Ces énergies répondent aux exigences fondamentales de la vie, indépendantes des repères du Moi. Le sens de la vie, affranchi des conceptions humaines du bien et du mal, est perçu par la conscience comme porteur d’un risque mortel.
Le serpent imaginé fait peur parce qu’il est le plus décisif et le plus dangereux des agents d’évolution.
Fréquemment associé au cercle, particulièrement aux cercles concentriques, il exprime un élargissement du champ de conscience. Le serpent qui se mord la queue, l’Ourobouros, est l’une des images qui manifestent cette corrélation.
Incarnation de l’énergie impersonnelle qui mène l’univers, le serpent est avant tout l’initiateur, le conducteur. Gardien du seuil, il annonce ou préside une phase décisive de la dynamique d’évolution.
Sa nature féminine en fait un actif promoteur de l’anima, en tant qu’inspiration créatrice. Il se prête à la projection des contenus refoulés de l’inconscient, de l’ombre et prend dans ce cas le masque hideux du Prince du Mal.
Sa capacité de représentation phallique est bien connue mais ce n’est pas le sens que la dynamique de l’imaginaire active le plus souvent dans le rêve éveillé libre.
Dictionnaire de la symbolique, G. ROMEY, tome I, p. 519
Le sang
Le sang apparaît dans un rêve sur dix environ. Il se rencontre deux fois plus souvent dans l’onirisme masculin que dans l’imaginaire féminin qui l’intègre par contre dans des scènes impressionnantes.
Les images exposant le sang sont fréquemment en résonance avec l’angoisse ou le sentiment de castration. Il peut être presque toujours perçu comme un agent purificateur et régénérateur. Le sang du rêve a le pouvoir de laver ce qui était souillé, de redonner vie à ce qui était figé. Le sang qui coule dans le rêve se répartit entre les images du sang intériorisé, qui mènera le rêveur jusqu’à la reconnaissance de ses fantasmes les plus intimes, et les images du sang versé, du sang perdu, qui expriment un désir de renouvellement.
La dynamique de l’imaginaire fait appel au sang pour laver l’âme des multiples scories qui la polluent. Le sang expose et dissipe les empreintes de l’angoisse ou du sentiment de castration. Il emporte vers un flot d’eau purificatrice les valeurs négatives attachées au flux menstruel.
Il dévoile, pour les dissoudre, les sentiments coupables liés à l’interruption ou volontaire d’une grossesse.
Enfin, il délivre de l’héréditaire lorsque le rêveur ou la rêveuse ne se reconnaissent pas dans les liens du sang et les aide à se reconstruire une identité.
Par des images plus sobres, réduites parfois à des égratignures, le sang affiche aussi une réhabilitation de l’émotionnel, du sentiment, de la liberté d’être ce que l’on est.
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